« Vous agents de renseignement, quel est votre travail à l’extérieur du pays ? C’est d’aller dans les milieux des congolais, repérer les opposants, les acheter, les éliminer. C’est ça votre travail », propos intrigants de l’hirondelle Denise Mukendi Dusauchoy, agent secret de Félix Tshisekedi, responsable de la sodomisation de l’opposant Jacky Ndala, dans les cachots de l’Agence nationale de renseignement de la République Démocratique du Congo.
En écoutant Denise Mukendi Dusauchoy, l’une des hirondelles (séductrices des services secrets) de Félix Tshisekedi, l’on peut pénétrer l’intention conceptuelle des services d’intelligence de la RDC de 2019 à 2024. Un outil bâti sur la répression, la contrainte et la force. Pour comprendre la mission et le rôle des services secrets du régime congolais, il faut savoir qu’ils incluent les services de recherche de renseignements militaires et la répression de l’espionnage. Ils n’intègrent pas toujours l’exploitation réfléchie du renseignement à chaque échelon de l’organisation. L’Agence nationale de renseignements (ANR) et la Détection militaire des activités anti-patrie (DEMIAP) sont deux des services de sécurité qui opèrent au mépris du droit interne de la République démocratique du Congo (RDC) et des traités internationaux relatifs aux droits humains auxquels la RDC est partie.
Mot d’ordre

Tout est parti du proverbe « Mashi a mu memu » qui signifie le « sang de mes gencives ». Un proverbe Kasaïen déroulé en : « mashi a mu menu, nansha wewa muyimansha, newumina ndambu ». Qui veut dire que « le sang de mes gencives, généralement lorsqu’on est blessé dans la bouche, qu’on ne peut totalement rejeter. Car, il y aura forcément une partie qui sera avalée ». Les membres de la tribu Kasaï à laquelle appartient le président Félix Tshisekedi se sont servis de ce proverbe pour alimenter la du régime. Suite à l’arrestation injustifiée du journaliste Stany Bujakera Tshamala, Tshisekedi a résisté à toutes les pressions internationales jusqu’à faire écrouer ce professionnel respecté de la presse congolaise.
Le 16 novembre 2023, Félix Tshisekedi a accordé un entretien à RFI et France 24 sur « l’acharnement » subi par Stanis Bujakera Tshiamala, alors incarcéré à la prison centrale de Makala. Tshisekedi répondra : « Je ne suis ni à l’origine de son arrestation, ni en train de tirer les ficelles pour qu’on l’enfonce. Je n’interviendrai que plus tard, peut-être, s’il est condamné, pour une amnistie, une grâce ou que sais-je. Mais à ce stade, je n’ai rien à dire ». Le 27 juin 2023 à Mbuji-Mayi, Tshisekedi va lancer un mot d’ordre à tous les services secrets de son régime. « Je m’attaquerai sans hésitation, sans remords à tout Congolais qui mettrait en danger la sécurité et la stabilité de notre pays. Peu importe ce que l’on dira : violation des droits de l’homme, privation de liberté. Je n’en démordrai pas”. Propos incendiaires qui présentaient l’identité du donneur d’ordre et auteur intellectuel des exactions contre les congolais ».
Barbouzes recrutés sur appartenance tribale
Le journaliste indépendant exilé en Belgique Péro Luwara révèle, à travers ses caméras sophistiquées, que l’influenceuse Denise Mukendi Dusauchoy est agente de l’Agence nationale de renseignement (ANR) jouissant de la couverture politique et financière de la première dame Denise Nyakeru Tshisekedi : « c’est Denise Nyakeru qui lui donne l’argent. Son entrée dans les services de renseignement commence par Denise Nyakeru », a-t-il confirmé. C’est à l’époque de l’administrateur Mbelu Biosha qu’elle prospère su sein de l’agence, attachée directement à Papy Mbuyi, directeur général adjoint de la Direction générale des migrations (Dgm). Péro Luwara renseigne qu’il est personnellement témoin de la pratique de recrutement basée sur la tribu kasaienne. « Parmi les problèmes que j’ai eus avec ce régime c’est qu’il voulait me recruter comme agent secret Muluba. À trois reprises, l’ANR m’a proposé un salaire (prime) de 4.000$ par mois avec possibilité d’acquérir du matériel de télévision pompant neuf évalué à 15.000$ américains auprès d’un libanais à la Gombe, en face de Sozacom », a-t-il expliqué. Il démontre que la plupart des journalistes de tribu Luba sont agents de renseignement payés par le régime Tshisekedi.
Intimider, réprimer, terroriser et tuer

La multiplication des cas de massacres, tueries, tortures, arrestations arbitraires et viols sexuels (sodomisation) sous Félix Tshisekedi placent les congolais dans le choc. L’Etat ne dispose pas d’un registre central et public de tous les lieux de détention dont certains sont tenus secrets. Alors qu’il avait promis de supprimer tous les cachots dans le pays une fois au pouvoir, Félix Tshisekedi aura fait totalement le contraire de sa promesse électorale de 2018. Les magistrats chargés d’inspecter les lieux de détention ont un pouvoir limité du fait qu’ils n’ont pas accès à certains lieux de détention notamment ceux sous contrôle de l’Agence Nationale de Renseignement (ANR) et de Détection Militaire des Activités anti-Patrie (DEMIAP) ainsi que d’autres lieux tenus secrets. Pour remédier à la détention arbitraire et illégale par les agents publics, l’Etat a garanti les droits de la défense et de la personne humaine notamment dans la Constitution de 2006 en son article 16 et le code de procédure pénale. Cependant dans la pratique aucune mesure de suivi pour l’application de ces textes n’est prise.
Certains agents publics, particulièrement ceux de l’ANR et DEMIAP sont responsables des détentions arbitraires et illégales, mais ne subissent aucune sanction puisqu’ils appartiennent à la fois au parti présidentiel UDPS et aux services secrets. Aussi, les victimes de leurs actions n’obtiennent pas de réparation des préjudices subis. L’on dénombre plusieurs cas de détentions préventives abusives qui se traduisent par les cas de personnes détenues pour des faits non constitutifs d’infractions tels que les manifestations pour revendiquer la sécurité et la protection des personnes et leurs biens, la fourniture en eau potable et en courant électrique; les cas d’enregistrement des détenus dans certains lieux de détention sous faux nom (exemple les cachots de la Force du Progrès de l’Udps); cas de personnes détenues sans connaissance préalable du motif de leur détention; les arrestations arbitraires par les agents de l’ANR et autres services de sécurité sans assistance de conseil ni visite des membres de famille; les cas d’arrestation des personnes pour affaire civile, notamment pour dette ou conflit immobilier et la pratique de la torture sur certains détenus dans le but de leur soutirer des aveux. Au-delà de toutes ces irrégularités, il est constaté certaines pratiques néfastes de nature à porter atteinte aux droits des justiciables.
On peut citer notamment les frais d’enquêtes et de justice dans les cas de violations des droits de l’homme qui sont mis à charge des victimes en dépit de leur vulnérabilité et le non-respect du principe de l’individualité de la responsabilité pénale. De façon générale, il y a tendance à étendre la responsabilité pénale à tous les membres de la famille d’un présumé auteur. Des détenus privés du droit aux soins médicaux jusqu’à mourir en prison. Sous Tshisekedi, tous les membres de la famille présidentielle ont été improvisés agents secrets avec autorité d’arrêter des citoyens, de torturer ou de les faire disparaître.
Brique Lutandilafio
